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Critiquer n'est pas critiquer

Dimanche 15 mai 2011 à 10:58

 Road to Nowhere *****

Réalisateur: Monte Hellman
Avec: Shannyn Sossamon, Rygh Runyan, Dominique Swain, Cliff de Young
Genre: Film Noir, Méta-film

Résumé: Un réalisateur revient à la scène et filmant l'histoire d'un politicien partit avec sa maîtresse et quelques milliers de dollars, et à priori morts peu après. Il tombe alors amoureux de l'actrice principale, et se retrouve impliqué à son insu dans une intrigue politique qui le dépasse. 

Dire que le dernier film de Monte Hellman est attendu serait un euphémisme, ses derniers grands films datant des années 70 (Two-Lane Blacktop, Cockfighter). Mais on ne s'attendait probablement pas (en tout cas pour ma part), à nous livrer un tel film. Devant quoi nous trouvons nous ? Méta-film sur le retour d'un réalisateur, on ne peut que penser à son vrai créateur, Monte Hellman. Ce n'est pas pour rien si le personnage principal devait à l'origine porter son nom. Le film entretient de plus la confusion, en ne montrant pas au début le vrai générique, mais bien celui du film dans le film, avec le nom des personnages et non celui des acteurs. Pour faire simple, je placerais ce film dans le genre des films autobiographiques tels que Le Miroir de Tarkovski, ou La Science des Rêves de Gondry. Il est intéressant au vu de ces trois films, que plus le film se veut imprégné du réel, plus son format devient fantaisiste, la narration est bouleversée...  A la fin du film, on remarque la mention "For Laurie". Il s'agit de Laurie Bird, l'actrice principale de Two-Lane Blacktop, dont Monte était tombée amoureux. Elle s'est suicidée à 25 ans. La dimension autobiographique est donc bien plus que présente dans Road to Nowhere, qui se veut en plus un hommage posthume à la jeune actrice.

Sur le plan formel, la narration est explosée, mêlant scènes "réelles" et scènes de films dans le film, tout ça sans respect pour la chronologie des évènements, un peu à l'image des films de Lynch sur Hollywood (Mulholland Drive, Inland Empire, eux aussi méta-films par la même occasion). Tout ce qu'il nous reste à constater est l'intérêt croissant du réalisateur pour sa protégée, au détriment de la star du film, qui s'en trouve blessée dans son amour propre, et des tensions que cela crée. Fascinant. 

Si les films témoignant d'une vraie réflexion sur le cinéma vous intéresse, n'hésiter pas à voir ce petit chef d'oeuvre, marquant le retour d'un réalisateur culte dans un genre beaucoup plus personnel que le tonitruant road-movie de Two-Lane Blacktop (ce qui n'enlève en rien sa qualité). Une bonne surprise, qui ne laisse pas de marbre et hante son spectateur longtemps après son visionnage, surtout si l'on prend connaissance de l'histoire de son créateur. 

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Mardi 13 avril 2010 à 15:19

Je profite de mon blog pour diffuser un court métrage que j'ai co-réalisé lors d'un exercice de tourné monté en cours.

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